Maladie de Lyme : le guide essentiel !

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Maladie de Lyme

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Origine et description de la maladie :

Un peu d’histoire

En 1977, une petite ville du Connecticut appelée « Lyme » est touchée par une épidémie. Cette dernière concernait notamment des enfants qui avaient pour habitude de jouer dans les bois. Ils présentaient des éruptions cutanées, de la fièvre et les articulations enflées. C’est pourquoi, la maladie est appelée à cette époque « arthrite de Lyme ».

En 1982, le chercheur spécialiste des insectes, Willy Burgdorfer identifie la bactérie à l’origine de la maladie de Lyme. Ainsi on appellera la bactérie « Borrélia burgdorferi ».

Notons que Borrélia burgdorferi n’est pas la seule souche du genre Borrélia. Il en existe près de 300 dont les plus connues sont : B. afzelii, B. garinii, B. spielmanii…La personne malade peut être infectée par plusieurs souches en même temps.

Un peu de statistiques

Aux Etats-Unis, c’est l’épidémie la plus répandue après le SIDA. En France, la partie Est est la zone la plus touchée. En fonction des régions, 10 à 40 % des tiques sont porteuses de la Borrélia.

Selon les statistiques, la probabilité que la personne piquée développe la maladie est de 5 à 10%. De nos jours, les tiques sont de plus en plus infestées par les germes infectieux et colonisent tous les pays. Un grand nombre d’entre elles sont porteuses de bactéries, parasites ou autres germes infectieux dont les noms ne sont pas encore tous connus par la médecine.
En Occident, on constate un nombre accru de personnes contaminées.

Pas tous égaux

Si la personne mordue par une tique, est dotée d’un système immunitaire affaibli, elle aura plus de risques d’être infectée qu’une personne dont l’organisme est en mesure de se défendre. De plus, les sujets dont l’organisme est acidifié ont beaucoup plus de risque d’être piqués.

Il est important de préciser que les symptômes que nous évoquerons plus loin peuvent se manifester plusieurs années après la piqûre. En effet ils peuvent survenir à la suite d’une infection grippale, d’un choc émotionnel, ou d’une fatigue importante.

Quel est le mode de transmission de la maladie de Lyme ?

Le vecteur de contamination est principalement la tique (femelle), du genre Ixode en Europe, cependant, d’autres arthropodes tels que des aoûtats, des moustiques ou des punaises pourraient également être à l’origine de la transmission des Borrélies 3.

Zoom sur la tique

La tique possède un rostre, sorte de harpon, qu’elle va planter dans l’épiderme de sa cible tout en aspirant le sang de la personne. Cette dernière produit une substance anesthésiante qui empêche de ressentir la morsure.

Ce faisant, elle introduit en même temps dans le sang du sujet des bactéries qu’elle possède dans son intestin et ses glandes salivaires.

La tique peut rester accrochée pendant plusieurs heures voire plusieurs jours sans que la personne ne se rende compte. D’après certaines études, la contamination pourrait avoir lieu en moins de 24h. A savoir que plus la tique restera accrochée longtemps, plus le risque de contamination sera élevé.

Une piqûre souvent inaperçue

Au stade de nymphe, mesurant 1 à 2 millimètres, entre l’état de larve et le stade adulte, les tiques passent souvent inaperçues de par leur petite taille, du fait qu’elles peuvent s’accrocher à un endroit dissimulé du corps (nombril, partie postérieure des oreilles, aine, cuir chevelu…).

Selon les statistiques, 3 personnes sur 4 n’ont pas le souvenir de la piqûre.
Un des premiers signes d’infection est « l’érythème migrant », celui-ci se décrit par une rougeur sur la peau en forme d’anneau autour de la morsure.

Cet érythème correspond à une réaction « normale » de notre système immunitaire pour se défendre. Il peut apparaître plusieurs semaines après la morsure. Cependant, ce dernier n’est pas systématiquement visible.

En règle générale, on constate l’érythème migrant une fois sur deux, il peut être soit invisible, soit très petit ou dissimulé.

La Borrélia : une bactérie polymorphe

« Elle peut se cacher longtemps dans l’organisme et réapparaître. Elle est plus virulente que le trépomène de la syphilis », le chercheur Willy Burgdorfer met en avant les multiples capacités que possède la bactérie.

Une bactérie dévastatrice

En effet, Borrélia burgdorferi est une bactérie très « intelligente », de par ses nombreuses stratégies à se dissimuler, sa capacité d’adaptation et son étonnant mécanisme de survie. D’ailleurs, cette dernière demeure souvent insaisissable tant au niveau des laboratoires que par la prise d’antibiotiques.

Cette bactérie fait de gros dégâts dans l’organisme : elle a le pouvoir de proliférer rapidement dans le corps de son hôte et lorsque les Borrélies meurent, elles contaminent le sang par la libération de neurotoxines.

Une bactérie « intelligente »

On dit que cette bactérie est polymorphe car elle peut prendre différentes formes pour se dissimuler dans l’organisme.

Les bactéries Borrélia sont en fait des « spirochètes », ressemblant à des petits vers ondulants en forme de tire-bouchons. La bactérie peut prendre une forme en boule afin de se déplacer plus vite dans l’organisme et être plus rapide que les globules blancs.

Ainsi, la bactérie est capable de coloniser rapidement certains systèmes, organes ou articulations. Elle peut s’infiltrer partout y compris dans les tissus profonds du cerveau, des yeux, des os… où elle pourra y sommeiller sous sa forme kystique. Dans ce cas, elle est « en latence » prête à se réveiller lors d’un moment propice (état de faiblesse du sujet dû à un stress ou une maladie.

Borrelia burgdorferi utilise plusieurs techniques très subtiles pour déjouer le système immunitaire. La bactérie a le pouvoir de retirer sa paroi cellulaire (là où se trouvent ses antigènes) et ainsi de passer inaperçue par le système immunitaire. Les antibiotiques dont la plupart s’attaquent aux parois cellulaires deviennent inefficaces.

Dotée d’un génome contenant 853 gènes, la bactérie est capable de stocker un grand nombre d’informations y compris en ce qui concerne le système immunitaire de l’individu et permet de créer des protéines de surface voisines des tissus où elle se trouve. Les scientifiques évoquent ce phénomène « le mimétisme antigénique » : grâce à sa capacité à mimer les cellules humaines, la bactérie ne suscite pas ainsi la protection d’anticorps par la personne contaminée. Plus simplement, la bactérie a donc le pouvoir de se « déguiser » en utilisant la même « carte d’identité » que nos propres cellules.

La Borrelia est capable de s’enkyster dans les cellules de l’organisme, en s’agglutinant au noyau de la cellule tout en gardant 1% de son propre volume.

De même, la borrélie peut fixer des petits fragments de son propre ADN sur les membranes cellulaires humaines, de sorte que le système immunitaire finisse par s’attaquer à ses propres cellules, qu’il ne reconnaîtra plus.

Comme de nombreuses autres bactéries, la Borrelia sécrète un biofilm (voir annexe 2) autour duquel elle peut s’enrober et dans lequel elle peut rester « en dormance » ou en sortir pour se déplacer dans l’organisme. Dans ces conditions, des amas de bactéries, enfermées au sein de ces micro-poches, deviennent quasiment inatteignables des traitements antibiotiques.

Le système de protection de ces biofilms est très puissant, ainsi, les bactéries deviennent quasiment indestructibles. De plus, ces derniers permettent aux Borrélies de communiquer entre elles. À tout moment, les biofilms peuvent céder et relâcher toutes leurs bactéries dans l’organisme. Ces biofilms sont très nocifs pour l’organisme (plus que la Borrelia en elle-même) car ils sécrètent un grand nombre de toxines, acidifiant les tissus.

Quels sont les symptômes de la maladie de Lyme ?

Il n’existe pas réellement de tests fiables, de ce fait, il est crucial d’observer attentivement les différents symptômes ressentis pour pouvoir établir un lien avec la maladie.

Notons que chez certains sujets, les symptômes liés à Lyme peuvent se déclarer longtemps après l’infection, pouvant évoluer très lentement.

Malheureusement, l’érythème migrant reste le seul symptôme significatif de la maladie de Lyme car la plupart des autres symptômes peuvent faire penser à une autre maladie ou syndrome (sclérose en plaque, polyarthrite rhumatoïde, syndrome de fatigue chronique…). C’est pourquoi en cas d’érythème migrant inexistant, le diagnostic ne peut s’établir aisément.

D’autant plus que les symptômes ne sont pas les mêmes pour tout le monde. De plus, ils peuvent se déplacer sur le corps et prendre une autre nature en l’espace de peu de temps. En règle générale, la personne souffre de plusieurs symptômes en même temps, qui ont tendance à apparaître, disparaître puis réapparaître à nouveau.

On dénombre un très grand nombre de manifestations de la maladie mais les plus courantes sont les suivants :

  • éruptions cutanées (érythème migrant voire d’autres rougeurs sur des zones différentes de la piqûre)
  • fatigue importante pouvant devenir chronique
  • symptômes grippaux tels que: fièvre, sueur, frissons, courbatures fébriles…
  • douleurs articulaires/ ligamentaires
  • douleurs ou faiblesses musculaires, contractions, fourmillements
  • céphalées, raideur de la nuque
  • troubles du rythme cardiaque, douleur dans la poitrine, hypertension artérielle
  • acouphènes, hypersensibilité au bruit
  • vision perturbée, hypersensibilité à la lumière
  • paralysie faciale, perte des sensations, vertiges, « brouillard mental »
  • irritabilité, troubles de l’humeur, anxiété, perte de mémoire
  • troubles du sommeil

En France, le diagnostic est fondé sur les résultats de la sérologie, on accorde finalement peu d’importance à l’évocation des symptômes.

Quelles sont les différentes formes de Lyme ?

La maladie de Lyme peut s’exprimer de différentes manières, il existe 4 « groupes » de manifestations. Chaque catégorie n’est pas cloisonnée, c’est à dire que la personne peut très bien manifester plusieurs symptômes, faisant partie de « groupes » différents.

Cette classification théorique met en avant le fait que la maladie peut revêtir différentes formes de manifestation et souligne la complexité de la maladie.

Elle permet de classer et organiser les multiples symptômes afin d’affiner le diagnostic.

Les 4 formes d’expression sont les suivantes :

1. L’arthrite de Lyme : au niveau des membres

On peut la confondre avec un rhumatisme inflammatoire du fait des douleurs similaires.

La Borrélie a une attirance pour le collagène, c’est la raison pour laquelle elle a tendance à s’enkyster dans les os, cartilages et ligaments. Les articulations deviennent inflammées à cause de l’accumulation de toxines libérées par la bactérie.

La douleur peut concerner différentes articulations et peut se déplacer. Les zones touchées sont généralement les genoux mais peuvent aussi concerner les pieds, les mains, les épaules ou encore les hanches. Cette forme d’expression serait la plus répandue aux Etats-Unis.

2. La cardite de Lyme : au niveau du thorax

Une cardite signifie une inflammation au niveau du coeur.

La Borrélie apprécie particulièrement les tissus vasculaires dont la paroi cardiaque. Ce sont encore une fois les toxines de la Borrélie qui créent des inflammations et des lésions au niveau de l’enveloppe cardiaque. Ceci s’accompagne de symptômes cardiaques tels que palpitations, arythmies, hypertension artérielle, oppressions thoraciques…

3. La neuroborréliose : au niveau du cerveau

Elle concerne le système nerveux et le cerveau. C’est la forme la plus difficile à traiter.

En forme de flagelle, la bactérie est capable de s’accrocher à la myéline (membrane de protection de nos fibres nerveuses). Les toxines sécrétées par la Borrélie vont être dissoutes dans le tissu cérébral, composé de lipides. A la longue, on assiste à un réel problème : les neurotransmetteurs ne peuvent plus assurer leur fonction de transmission d’informations dans le cerveau.

On dénombre de nombreux symptômes liés à la neuroborréliose. Ils peuvent être neurologiques : troubles de la mémoire, brouillard mental (« brain fog »), migraines, fatigue intense, paralysie faciale.

Ces troubles peuvent être d’ordre psychique : dépression, troubles de l’humeur, crises d’angoisses voire psychotiques tels que des troubles de la personnalité (schizophrénie, bouffées délirantes, démence…). En principe, ces symptômes s’observent lorsque la maladie de Lyme devient chronique.

En Europe, ce serait cette forme qui prédominerait sur les autres.

4. L’acrodermatite chronique atrophiante (ACA) : au niveau de la peau

L’ACA est une inflammation chronique de la peau. C’est la forme la plus rare de Lyme et correspond à un stade très avancé de la maladie. Les zones principalement concernées sont les avants bras et le bas des jambes. La peau devient très sensible, chaude et change de couleur.

Maladie de Lyme: une maladie multisystémique :

Lyme fait partie des maladies multi-systémiques, ce qui signifie que la maladie ne s’attaque pas à un seul système mais plusieurs. En effet, la maladie a pour particularité d’affecter l’organisme dans son ensemble : dans différentes parties du corps et de différentes manières.

On l’appelle ainsi la maladie « caméléon ». Celle-ci peut affecter aussi bien un système qu’un organe et rappelons que les symptômes peuvent migrer également. Ainsi, on peut dire que le corps tout entier est concerné par les manifestations de la maladie. On assiste à un affaiblissement important du système immunitaire, un état inflammatoire chronique, une libération considérable de toxines que l’organisme parvient difficilement à évacuer, des carences nutritionnelles et un déséquilibre du système nerveux autonome.

Ce qui rend encore plus complexe la maladie est qu’elle s’exprime différemment chez chaque individu. Lorsque la maladie devient chronique avec de nombreux symptômes, on assiste au « syndrome de Lyme-MSIDS », terme désigné par le Dr Horowitz, spécialiste de la maladie de Lyme et qui signifie : « Syndrome de maladies infectieuses systémiques multiples ».

« Lyme est capable d’imiter les symptômes de n’importe quelle maladie » : le Dr Horowitz répertorie 16 pathologies pouvant survenir en même temps que la maladie de Lyme.

C’est-à-dire que les symptômes de la borréliose peuvent correspondre à des symptômes d’autres maladies particulièrement récentes telles que :

  • le syndrome de fatigue chronique
  • la fibromyalgie
  • la sclérose en plaque
  • la maladie d’Alzheimer
  • la thyroïdite d’Hashimoto
  • la polyarthrite rhumatoïde
  • autres maladies auto-immunes

Or, certains médecins font des erreurs de diagnostic et envoient leurs patients consulter des spécialistes tels que des rhumatologues, endocrinologues, neurologues voire des psychiatres, plutôt que d’observer plus attentivement les multiples symptômes et ainsi, établir un lien possible avec la maladie de Lyme.

Le Professeur Christian Perronne évoque dans la maladie de Lyme, le concept de « crypto-infections », définit comme étant des infections « inapparentes » (peu visibles) et chroniques avec une réelle source microbienne, pourtant difficilement décelable par les scientifiques et dont le psychisme peut jouer un rôle sur l’intensité des symptômes.

Dans son ouvrage « la vérité sur la maladie de Lyme », le Pr Perronne explique que souvent, les Borrélies sont responsables de certaines maladies chroniques et/dégénératives, pouvant être auto-immunes. En effet, en traitant ces maladies ou syndromes de la même manière que la maladie de Lyme (même famille d’antibiotique), le professeur Perronne s’est aperçu que ses patients ressentaient une amélioration. Ainsi, ce dernier en conclut aujourd’hui que ces diverses maladies sont finalement différentes formes de manifestations de Lyme.

Les étapes de la maladie : 3 phases.

La médecine conventionnelle décrit 3 stades de la maladie, ce qui en réalité, est très théorique et peu pertinent car ces trois stades ne se vérifient pas toujours. En effet, certains symptômes de stades avancés peuvent intervenir précocement en tout début d’infection ou l’inverse. Par exemple, un érythème migrant peut survenir plusieurs mois après la morsure de tique. Ainsi, il n’y a pas vraiment de règles, les symptômes pouvant surgir à tout moment quelle que soit l’évolution de l’infection.

Il est donc important de retenir que la description des ces trois phases correspond à des tendances et qu’elles peuvent s’éloigner de la réalité dans certains cas.

1er stade :

De nombreuses personnes atteintes de la maladie de Lyme peuvent passer à côté de ce stade Rappelons que l’érythème migrant, surgissant généralement en début d’infection, n’apparait que dans 50% des cas. Cette rougeur circulaire peut survenir plusieurs mois après la piqure ; elle peut disparaitre en quelques jours ou persister pendant plusieurs semaines. Cette phase s’accompagne souvent d’une poussée de fièvre, de migraines, d’une fatigue intense. Quelques fois, des douleurs articulaires ou musculaires peuvent déjà se manifester.

A ce stade précoce, les médecins préconisent un traitement antibiotique de quelques semaines.

En cas de morsure récente, des traitements naturels sont envisageables, notamment en aromathérapie. Le traitement commence par une huile essentielle d’origan par voie orale (oléocaps en pharmacie) pendant 3 semaines, à raison de 2 fois par jour. On poursuivra le traitement d’aromathérapie pendant 2 semaines par voie orale (la voie cutanée, sous la voute plantaire sera préférée pour les estomacs et foies sensibles) : 2 à 3 gouttes, 2 fois par jour (5 jours sur 7), avec les huiles essentielles suivantes : ravintsara, tea tree, thym à thymol, sarriette des montagnes, eucalyptus radié et girofle.

2ème stade :

Cette étape révèle une morsure plus ancienne, d’au moins un an. Désormais, la bactérie commence à s’installer dans tout l’organisme, au niveau des tissus et des organes. La sécrétion des toxines de la bactérie affaiblit l’organisme et notamment le système immunitaire. L’endroit de prédilection de la bactérie reste les tissus mal irrigués et peu oxygénés. Elle sera attirée par les tissus cachés, acides et dont la nourriture (par exemple le collagène) est abondante. Parmi ces tissus, nous pouvons citer : les muscles, les ligaments, les articulations, les vaisseaux sanguins, les nerfs, les tissus cérébraux et les organes.

Le sujet infecté au 2ème stade pourra ressentir différents symptômes, les plus courant étant des douleurs (musculaires et articulaires), des sensations de « fourmillement » ou de brûlure. La Borrélie se dissémine dans l’organisme, en passant dans le système sanguin pour ensuite atteindre les organes. Ainsi, des troubles cardiaques et circulatoires peuvent survenir.

Dans certains cas, la bactérie peut franchir les vaisseaux cérébraux, les nerfs crâniens sont endommagés et peuvent apparaitre des maladies du système nerveux ainsi que des paralysies faciales. D’autres symptômes fréquents qui en découlent se manifestent par une sensation de bourdonnement dans les oreilles, des vertiges, des troubles de la vision, de la mémoire ainsi que des difficultés de concentration. A ce stade, l’action des antibiotiques devient critique car ces derniers n’ont pas le pouvoir d’atteindre la profondeur des tissus, dans lesquels se cache la bactérie.

3ème stade :

La morsure date de plusieurs années, la bactérie est à ce stade bien implantée dans l’organisme et parvient difficilement à être éradiquée. Certains médecins et chercheurs associent ce stade au « Lyme chronique » à cause des symptômes qui persistent (malgré le fait qu’ils surviennent souvent par vague) et concerne différentes parties du corps voire plusieurs systèmes. De nouveaux symptômes, plus graves et handicapants peuvent apparaitre mais généralement, à ce stade avancé, la maladie se « stabilise », il n’y a plus vraiment d’évolution.

A ce stade et pour les formes sévères, la médecine allopathique préconise des fortes doses d’antibiotique en intraveineuse.

En naturopathie, des traitements peuvent être intéressants, même à ce stade avancé, à condition d’être pris sur plusieurs années (au moins 2 ans), puis deux fois par année en cure.

Diagnostique et tests de dépistage : les limites.

Comme nous l’avons pu voir précédemment, le diagnostic de la maladie de Lyme est compliqué à établir de par la complexité des symptômes. D’autres raisons rendent encore plus difficile la tâche, et sont les suivantes :

Le protocole habituel en France pour affirmer qu’il y a bien une infection bactérienne est insuffisant et peu fiable. En effet, à la suite d’une piqûre et en l’absence d’érythème migrant, le médecin ne peut pas conclure au diagnostic de la maladie de Lyme. De ce fait, il faut que des symptômes apparaissent plus tard pour que le médecin préconise des tests. Notons qu’un grand nombre de médecins ne pense même pas au diagnostic de Lyme.

La préoccupation majeure réside dans la non-fiabilité du test de dépistage de la Borrélia (test de première intention). C’est pourquoi une personne qui présente comme symptôme un érythème migrant aura beaucoup plus de chances d’être soignée rapidement car le diagnostic sera tout de suite avéré et cette dernière n’aura pas besoin de passer de test sérologique.

En cas de morsure, il faudrait idéalement attendre deux mois avant de pratiquer les tests car la bactérie risque de passer inaperçue si l’infection est trop récente.

Les tests de routine qui détectent la borréliose se passent en une ou deux étapes, selon les résultats du premier test. Le patient commence par effectuer le test « ELISA » qui consiste à rechercher dans le sang du patient la présence d’anticorps dirigés contre la bactérie (IgM et IgG).  Cette méthode présente des limites car en recherchant les anticorps, cela ne prouve pas que la bactérie est active, d’où le fait que les résultats soient peu sensibles.

De plus, le test se base sur une seule souche de Borrélie : Borrelia burgdorferi sensu stricto (souche américaine) alors qu’il existe plus de 300 souches de Borrelia dans le monde, et en Europe, cette souche n’est pas la plus répandue.

Seulement si le test ELISA est positif, le patient passera à la seconde étape : le test « Western Blot », plus précis, qui consiste en la confirmation de la présence d’anticorps. Si les deux tests s’avèrent positifs, le patient sera alors diagnostiqué atteint de la maladie de Lyme.

Selon les statistiques, les tests seraient fiables à 50% à peine, c’est à dire que de nombreuses personnes auraient un résultat négatif, et pourtant porteuses de la maladie. On les appelle les « faux négatifs ». A l’inverse, il est rare qu’un résultat positif au test se révèle finalement négatif.

Dans son ouvrage sur la maladie de Lyme, Christian Perronne nous révèle une des causes responsables de ces nombreux « faux-négatifs ». Il y a 30 ans en arrière, la maladie de Lyme était décrite par les autorités comme une maladie rare à l’échelle mondiale qui était censée concerner 5% au plus de la population totale. Ainsi, les tests ont été calibrés de façon à ce que les régions de France ne dépistent pas plus de 5% de résultats positifs. De ce fait, on assiste à des résultats totalement arbitraires, basés sur des quotas.

Cela pose un réel problème politique face aux autorités de santé, des manifestations* (émission « l’enquête sur la maladie de Lyme ») sont organisées afin que les autorités retirent ce test ELISA et mettent en place un protocole plus fiable et plus complet.

Il existe des tests de dépistage plus sensibles (notamment le test Elispot qui mesure le taux de lymphocytes), qui ne sont pas remboursés par la sécurité sociale, il faut les demander car les médecins ne les proposent pas. En France, seulement 4 villes disposent de laboratoires qui pratiquent ces tests plus approfondis : Paris, Lyon, Metz et Nice. Autrement, il est possible de pratiquer ces analyses à l’étranger, les frontaliers sont plus avantagés. Nombreux d’entre eux s’y rendent car les tests sont réputés pour être plus fiables, c’est le cas pour l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et la Belgique.

Il existe de nombreux autres tests (test de recherche de l’ADN, microscopie à fond noir…) mais ces tests ne nous montrent pas de résultats plus probants.

Les méthodes de dépistage alternatives :

Ces méthodes que nous allons évoquer se basent sur le fait que nous émettons tous des « vibrations fréquentielles » mesurables. Si l’on admet cette thèse, cela veut dire que chaque organisme vivant, y compris les virus, les bactéries, les levures… émettent également une vibration du même ordre.

Ces méthodes font appel à des appareils électroniques très sensibles qui sont les suivants :

– L’électro-acupuncture selon Voll (EAV) est la plus ancienne méthode, inventée dans les années 1950. Elle se base sur la médecine traditionnelle chinoise, en utilisant les techniques d’acupuncture mais aussi l’homéopathie. On place des électrodes sur des points bien précis du corps (méridiens) afin de mesurer la résistance et la conductibilité électrique de la peau, ce qui va renseigner sur les troubles pathogènes de l’organisme. Le thérapeute va ensuite introduire une dilution homéopathique de la bactérie Borrélia dans le courant du circuit électrique dans le but d’observer les réactions.

– La biorésonance, le Vega test, le Mora et le physioscan:

Ces techniques se basent sur le même principe que la précédente, à savoir, les vibrations fréquentielles et font appel également à des électrodes. Ces méthodes, plus modernes que l’EAV, sont capables de stocker toutes les données des différentes bactéries et virus dans l’appareil. En détectant les fréquences des différentes souches de la bactérie (Borrélie), l’appareil est capable de déterminer s’il s’agit de la maladie de Lyme, précisément de quelle souche il est question et si la bactérie est active.

Je peux affirmer que cette méthode est capable d’établir des diagnostics spectaculaires. En effet, le naturopathe qui m’a suivi lors de mon traitement m’a fait passer le test de biorésonnance, il s’est avéré que l’appareil, en quelques minutes, a détecté la présence de la Borrelia responsable de la maladie de Lyme ainsi que l’Epstein- Barr virus (virus de la mononucléose).

Quelles sont les conséquences immunitaires sur le long terme ?

La Borrelia peut échapper au système immunitaire d’une part car elle peut se déplacer (dans les liquides) plus vite que les globules blancs, ces derniers ayant pour rôle de constituer un « bouclier » contre tout agresseur. D’autre part, elle est capable de détruire activement les lymphocytes.

Comme nous l’avons vu précédemment, la bactérie est capable de se « camoufler » à l’intérieur des tissus ou de manière encore plus subtile, de leurrer le système immunitaire, entraînant des réactions auto-immunes de la part de l’organisme qui ne reconnait plus ses propres cellules.

Cet enchaînement de réactions est néfaste pour le système immunitaire, qui va se trouver totalement effondré. On appelle cela l’immunodéficience, la personne infectée depuis longtemps assiste peu à peu à un stade chronique de la maladie. La Borrelia a la particularité de libérer des neurotoxines lorsqu’elle meurt, ce qui contribue à affaiblir davantage l’organisme.

Les lymphocytes T jouent un rôle crucial lors d’une infection. Au sein de l’organisme, sont présents des lymphocytes T4, qui sont des stimulateurs des autres lymphocytes. On compte également les lymphocytes T8 qui sont chargés d’éliminer les cellules infectées. Ils ont un rôle important au sein du système immunitaire pour combattre la maladie. Dans le cas de Lyme, ces différents types de lymphocytes subissent une diminution de leur nombre, due à l’infection. Ainsi, le système immunitaire ne peut plus assurer pleinement son travail. Notre organisme, pour se défendre, sollicite notre système immunitaire mais celui-ci étant débordé, il ne peut plus apporter son aide.

A la longue, l’organisme s’épuise et la fatigue chronique se fait ressentir. Les malades « chroniques » sont très difficiles à diagnostiquer avec le test ELISA (recherche d’anticorps), du fait de leur système immunitaire très affaibli, qui ne fabrique plus assez d’anticorps car le nombre des lymphocytes B diminue également.

Les cytokines sont des molécules libérées par des cellules, en réaction à une infection bactérienne, et précisément dans la régulation du mécanisme de l’inflammation. La Borrélie peut multiplier jusqu’à 500 fois le processus de réactions inflammatoires, de ce fait, le taux de cytokines se trouve augmenté considérablement. Un taux élevé de cytokines est néfaste pour le cerveau et les organes. Pour faire face à ces réactions inflammatoires, le sujet malade devra respecter un rythme de sommeil régulier, adopter un régime alimentaire adapté et avoir recours à certains traitements naturels. Nous développerons ce point dans la partie correspondant à la cure naturopathique.

Les traitements antibiotiques que nous allons aborder à présent sont également responsables de la diminution des défenses immunitaires, nous verrons dans quelle mesure.

Traitements anti-infectieux et réactions d’Herxheimer :

Nous avons pu voir qu’au premier stade de la maladie, c’est à dire si la morsure est récente, le médecin prescrira 3 semaines d’antibiothérapie (amoxicilline ou doxycycline). Ce traitement est généralement efficace pour éradiquer la bactérie dont le spirochète est encore dans le sang et n’a pas encore eu le temps de s’étendre partout.

Pour les personnes atteintes depuis longtemps, pour lesquelles l’infection est devenue chronique, il faut souvent des doses beaucoup plus importantes sur des périodes prolongées, pouvant durer plusieurs mois. Ces longues périodes de traitement sont principalement dues au fait que le cycle de vie de la bactérie est d’un mois.

Une autre méthode consiste à prendre des prises intermittentes, qui sont des petites cures de quelques jour, réparties sur du long terme. Lors de l’inefficacité du traitement, le médecin ne sait plus quoi proposer, il est démuni. En effet, plus l’infection est ancienne, plus la bactérie devient résistante et se dissimule dans les recoins de l’organisme. Si la bactérie est en « dormance », l’antibiotique aura aucun effet. Notons également que de nombreuses prises d’antibiotiques (sur plusieurs années) ainsi que des dosages importants, contribuent à rendre encore plus résistante la bactérie.

Les antibiotiques présentent des effets indésirables, notamment des troubles digestifs tels que nausées, vomissements, diarrhées… De plus, ils jouent un rôle néfaste sur la flore intestinale puisqu’ils détruisent toutes les bactéries y compris celles de la flore saprophyte (que l’on appelle plus familièrement les « bonnes » bactéries), primordiales dans le bon fonctionnement du tube digestif. Une flore intestinale dégradée engendre des conséquences sur le fonctionnement de notre système immunitaire, ce milieu sera encore plus favorable au maintien de la Borrélie.

En effet, 80% de nos cellules immunitaires siègent dans nos intestins. Une flore dégradée et un organisme acidifié par le traitement antibiotique laissera libre cours à d’autres bactéries, virus ou levures telle que le Candida albicans. Ce dernier est fréquemment présent, en tant que « co-infection » dans le cas de la maladie de Lyme et peut provoquer d’importants désagréments au niveau intestinal et génital.

Les antibiotiques peuvent également provoquer des réactions allergiques chez certains patients et leur élimination peut s’avérer compliqué en cas de mauvais fonctionnement de certains émonctoires (foie et reins notamment).

D’importants effets secondaires peuvent survenir lors d’un traitement anti-infectieux (qu’il soit allopathique ou naturel), prenant la forme d’une exacerbation des symptômes déjà présents ou l’apparition de nouveaux symptômes. C’est ce qu’on appelle la « réaction d’Herxheimer », celle-ci peut survenir lors d’autres infections mais est particulièrement marquée pour le cas de la borréliose car les toxines que libère la bactérie sont très agressives. Ces symptômes aggravants, insoutenables pour le malade, peuvent être nombreux : montée de fièvre, malaises, palpitations et douleurs cardiaques, fortes douleurs articulo-musculaires, insomnies…Ces réactions sont dues au fait qu’en mourant, la bactérie libère tout son matériel génétique et aussi les neurotoxines qu’elle contient, dans l’organisme de la personne infectée.

Les toxines sont libérées plus vite que l’organisme ne peut les éliminer.

Cette réaction survient généralement pendant un traitement anti-infectieux pour éradiquer la Borrelia ou antiparasitaire dans le cas où on doit traiter les co-infections, élément que nous aborderons plus loin.

Il faut faire attention à ne pas interpréter la réaction d’Herxheimer comme un « faux » diagnostic, en pensant que le traitement agit inefficacement face à l’infection. C’est pourquoi il faut bien observer les différents symptômes ressentis pendant le traitement et revoir le médecin généraliste dès les premiers effets secondaires. Ce dernier devra ainsi réajuster les posologies du traitement afin que les symptômes soient plus supportables.

En naturopathie, il sera nécessaire de suivre un protocole dans le but d’améliorer les capacités d’élimination et de régulation de la personne et soutenir l’organisme en général. Ce dernier, très affaibli, n’est plus capable d’effectuer son travail. Des doses plus petites d’antibiotique ainsi qu’un soutien en phytothérapie seront indispensables pour que l’organisme parvienne progressivement à se détoxifier.

Le syndrome « post-Lyme » (SPL) :

Ce syndrome intervient lorsque les nombreuses cures d’antibiotiques ne fonctionnent pas ou plus, du fait de l’adaptation de la bactérie. Dans un stade avancé, les rechutes sont de l’ordre de 80%. On peut affirmer qu’il existe un lien très étroit entre la dégradation de la maladie et l’antibiothérapie à long terme qui, rappelons-le, affaiblit considérablement le système immunitaire.

La chronicité de la maladie n’est pas seulement liée à la persistance des bactéries. La guérison parvient difficile lorsque l’organisme est affaibli à cause de carences nutritionnelles et d’une intoxication (pouvant être due à la bactérie elle-même ou la prise prolongée d’antibiotiques). Ainsi, « le terrain » nécessite d’être remis en état.

Atteint du SPL, le patient présente au quotidien des symptômes handicapants, pouvant être ressentis comme insupportables. Le syndrome post-Lyme correspond à la dernière phase de la maladie et dans ce cas, la médecine allopathique n’a plus de moyens d’intervenir pour éradiquer la bactérie. Faute de solutions, la médecine abandonne ces patients à leur sort et c’est souvent à cet instant que ces derniers se dirigent vers des médecines alternatives (homéopathie, naturopathie, acupuncture…).

Au grand regret des patients concernés, la médecine conventionnelle ne reconnaît pas la maladie de Lyme comme une infection présentant une chronicité. Quelques associations luttent pour que la maladie soit reconnue officiellement comme telle et lever le déni (« Lyme sans frontière », « France Lyme »…).

Certaines personnes ne peuvent même plus se rendre sur leur lieu de travail tellement elles sont affaiblies et l’assurance maladie ne peut pas les couvrir. Certaines activités de la vie quotidienne devenant compliquées à effectuer, il faut souvent de l’aide de l’entourage. C’est une situation très éprouvante sur le plan social car on observe une incompréhension de la part des autres (collègues, famille, amis…). La maladie est encore méconnue pour certains et les symptômes n’étant pas toujours probants, il peut se passer beaucoup de temps avant de pouvoir mettre un nom sur la maladie.

Je n’ai pas subi ce stade chronique de la maladie puisque j’ai reçu un traitement à temps mais je peux quand même témoigner de remarques désobligeantes à l’égard de certaines personnes de mon entourage. Avant que je sache réellement de quelle infection j’étais sujette, certaines personnes autour de moi me disaient que j’étais une « petite nature », toujours fatiguée. On me reprochait de trop dormir, de me plaindre d’avoir toujours mal quelque part. Le soutien est une étape très importante dans la guérison d’une maladie d’où l’importance de se rapprocher de personnes saines et en qui on peut apporter sa confiance.

Il est important de soulever l’aspect psychologique lié à la maladie. L’incompréhension de la part des autres peut effectivement entraîner une baisse de moral voire un état dépressif chez la personne mais ceci n’est qu’une conséquence de la maladie et non pas une cause. Certains médecins, qui ne se prononcent pas sur le diagnostic de Lyme, peuvent faire entendre que les symptômes auraient une origine psychosomatique. Des patients atteints de Lyme au stade chronique, ne sont pas pris au sérieux lorsqu’ils évoquent leurs douleurs. Ils sont envoyés en psychiatrie sans que leurs symptômes physiques soient pris en charge.

Chronimed est un groupe de recherches, créé il y a une dizaine d’années, qui étudie les maladies chroniques telles que : la borréliose chronique, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaque, la maladie d’Alzheimer…et leur origine. Ce groupe de travail effectue des recherches sur ces maladies appelées « infections froides » et notamment la maladie de Lyme au stade chronique, encore peu reconnue. Ce groupe de recherche est composé d’une quinzaine de médecins et scientifiques, dont le but est de comprendre ces maladies et d’établir de nouvelles thérapies pouvant faire appel aux pratiques alternatives.

  • Expression nouvelle désignant des maladies chroniques qui enrayent progressivement la machine humaine à la suite d’une ou plusieurs infections à bas bruit, ne générant pas de fièvre.

Pryska Ducoeurjoly, dans « maladie de Lyme, naturopathie, santé ».

Les perturbations de l’organisme :

Plus la chronicité de la maladie va s’installer et plus l’organisme tout entier subira des désagréments.

Pour que l’organisme parvienne à lutter efficacement contre l’infection, le « terrain » doit être sain : des intestins en bonne santé, un bon fonctionnement enzymatique, un système immunitaire stable etc. Or, dans le cas de la maladie de Lyme, le bénéfice des traitements est rarement immédiat car le terrain de la personne infectée est fragilisé et intoxiqué.

Une acidose métabolique (déséquilibre acido-basique) :

Notre organisme, pour fonctionner correctement doit être équilibré sur le plan acido-basique. Le degré d’acidité/d’alcalinité de notre organisme se mesure en pH.

Une personne saine, en bonne santé est plus en capacité d’éliminer les excès de déchets liés à une mauvaise hygiène de vie qu’une personne malade. Lorsque ces déchets, d’une forte acidité, sont difficilement éliminés et c’est le cas pour les malades de Lyme, le pH diminue. Ceci engendre un affaiblissement des cellules organiques qui sont moins oxygénées. L’activité enzymatique ne fonctionne plus correctement et le système immunitaire se trouve affaibli également. Cette acidose tissulaire peut entrainer : rhumatismes, reflux gastriques, migraines, fatigue etc… Un milieu acidifié est propice pour le développement des borrélies.

Une déficience enzymatique et nutritionnelle :

Les enzymes sont des protéines qui sont constituées de chaines d’acides aminés. Elles ont pour mission de catalyser (accélérer) des réactions chimiques permettant le bon fonctionnement de l’organisme, notamment dans les processus physiologiques dont la digestion. En effet, elles jouent un rôle important dans la dégradation des aliments et l’absorption des nutriments au niveau de la cellule. Seulement une fois assimilés, ces nutriments tels que : acides aminés, acides gras et glycérol, glucides, vitamines, oligo-éléments et minéraux sont transportés dans le sang.

Chez un patient présentant la maladie de Lyme, certaines enzymes digestives sont déficientes. Ainsi, le travail de digestion ne peut s’établir correctement et la personne peut être sujette à des symptômes inconfortables (ballonnements, éructations, nausées…) ainsi que de la somnolence post-prandiale.

Ces carences enzymatiques vont ainsi engendrer des carences nutritionnelles, notamment en minéraux et oligo-éléments comme le zinc. Les organes de la digestion (foie, pancréas, estomac…), très encrassés, vont devoir fournir plus de travail pour peu de rendement, d’où le phénomène de fatigue chronique. Pour bien fonctionner, l’organisme a besoin d’un apport suffisant en nutriments pour assurer toutes ses fonctions métaboliques. Les personnes atteintes de la maladie de Lyme, et du même coup intoxiquées, présenteront des carences importantes car les toxines et toxiques empêchent les nutriments d’être absorbés en quantité suffisante.  En effet, les bactéries pathogènes altèrent les aliments plutôt que de les transformer en nutriments pour être ensuite assimilés telles que le font les bonnes bactéries. Pour les personnes souffrant de réels troubles digestifs, une recherche des déficiences enzymatiques est préconisée et il faudra par la suite envisager des compléments alimentaires à prendre quotidiennement.

Une dysbiose intestinale et des intolérances alimentaires :

Le tube digestif est mis à mal lors d’infections chroniques. En effet, comme nous l’avons expliqué précédemment, notre intestin représente le « siège » de notre système immunitaire. Le microbiote, c’est à dire notre flore intestinale, est constitué de milliards de bactéries saines, ce qui lui permet un bon équilibre. Si des mauvaises bactéries prennent le « dessus », le microbiote est perturbé et on parle alors de dysbiose intestinale. Celle-ci correspond à la prolifération de micro-organismes pathogènes au niveau de l’intestin. Les personnes touchées par la maladie de Lyme présentent très souvent une dysbiose intestinale. Les intestins sont envahis de déchets et toxines, mais en plus, ils sont victimes d’une acidose. Non seulement, les bactéries s’infiltrent dans la paroi intestinale (puisque la bactérie peut s’incruster dans tous les organes), de plus, les traitements antibiotiques détruisant également les « bonnes » bactéries, compromettent l’équilibre de la flore intestinale. Ces bactéries saines tuées par les antibiotiques laissent le champ libre à de mauvaises bactéries mais aussi des levures, des moisissures ou des parasites.

Fréquemment apparente chez les malades de Lyme, la candidose est une affection provenant d’une levure : le Candida albicans. Le développement de cette levure est en partie responsable de la dysbiose intestinale et d’autres symptômes que nous évoquerons dans les co-infections.

Les patients atteints de Lyme se trouvent très souvent avec un intestin perturbé et poreux pouvant conduire à une hyperperméabilité intestinale ou leaky gut syndrom(6).

  • leaky gut syndrom : lorsque la paroi intestinale devient poreuse, elle devient perméable, celle-ci laisse passer dans le sang des substances mal dégradées qui déclencheront une réaction du système immunitaire qui ne parvient pas à les identifier.

Ce dysfonctionnement intestinal conduit à de nombreuses réactions inflammatoires. Le système immunitaire finit par s’attaquer à son propre organisme et de là apparait les intolérances alimentaires.

Une surcharge de toxines/métaux lourds :

La maladie de Lyme profite de la présence des métaux lourds (mercure, plombs, aluminium…) pour se développer et s’installer. Ces métaux, qualifiés de lourds à cause de leur densité élevée, sont très nocifs pour l’organisme qui devient totalement intoxiqué. De nos jours, il y en a malheureusement partout et ne sont pas dégradables par l’environnement. Les sources sont multiples : pollution environnementale et médicamenteuse, conservateurs alimentaires, vaccins, amalgames dentaires…Des doses même minimes représentent un danger pour l’organisme. Ces métaux lourds « barrent le passage » des nutriments vers nos cellules : vitamines, acides aminés, oligo-éléments et des carences vont s’installer.

De plus, les symptômes de la maladie s’amplifient au contact des métaux et notamment du mercure. D’après le Dr Dietrich Klinghardt, spécialiste qui étudie les effets des métaux lourds sur la santé depuis de nombreuses années, ces derniers auraient une part de responsabilité dans les maladies chroniques et neurodégénératives. Il affirme que ces maladies peuvent être non seulement causées par les métaux lourds (le terrain est alors propice aux infections) mais en plus, qu’elles peuvent être aggravées par la libération de neurotoxines. En effet, les métaux lourds sont considérés comme des neurotoxines, c’est à dire, une substance toxique qui agit en particulier sur le système nerveux. D’après lui, les bactéries à l’origine des infections chroniques se logent aux endroits où se trouvent les résidus de métaux lourds. C’est pourquoi traiter l’infection sans solutionner le problème de l’intoxication aux métaux lourds tire peu de bénéfices. D’ailleurs, on constate que de nombreux malades de Lyme ou autres maladies chroniques, se sentent mieux, leurs symptômes ont diminué à la suite d’une désintoxication.

C’est le cas de Sophie Benarrosh, qui explique son expérience face à la maladie de Lyme dans son livre « maladie de Lyme, empoisonnement aux métaux lourds ». Elle explique que les multiples symptômes de la maladie de Lyme se superposent souvent aux symptômes occasionnés par une intoxication aux métaux lourds. Cette « pollution organique » est due à une mauvaise élimination de ces toxiques et à des conditions environnementales néfastes. Malheureusement, le test de dépistage d’empoisonnement aux métaux lourds est compliqué à obtenir, bien souvent, les médecins ne pensent pas à le proposer.

La présence de métaux lourds dans l’organisme est liée à la borréliose car les biofilms constitués par les bactéries contiennent des métaux lourds.

Evolution de Lyme vers d’autres maladies apparentées :

Nous avons vu dans une première partie que la maladie de Lyme est multisystémique, généralement associée à d’autres maladies. Cette dernière peut revêtir des formes et des symptômes différents, et ce, généralement lorsque la maladie évolue de manière néfaste. Les différentes manifestations de Lyme liées à des maladies qu’on appelle « émergentes » correspondent généralement au stade chronique de la maladie de Lyme (3ème stade).

Ces maladies associées à Lyme sont nombreuses, nous avons cité précédemment les plus fréquentes et les symptômes peuvent être multiples. Dans son ouvrage « la vérité sur la maladie de Lyme », le professeur Perronne donne l’exemple de trois sœurs atteintes de la maladie de Lyme, diagnostiquées tardivement du fait que les médecins avaient établi un autre diagnostic. En effet, la première avait développé une méningo-encéphalite, la deuxième une polyarthrite rhumatoïde et la troisième, une fibromyalgie avec un syndrome de fatigue chronique. Pourtant, l’origine de ces maladies est infectieuse et bien commune puisqu’il s’agit de la borréliose de Lyme.

La maladie de Lyme est pour ainsi dire une maladie trompeuse dans les cas où la borréliose chronique n’est pas décelée à temps, pas diagnostiquée du tout ou alors mal soignée.

Des patients se retrouvent avec plusieurs étiquettes : souffrant à la fois de sclérose en plaque, maladie de Parkinson, syndrome de fatigue chronique ou autres, verdicts erronés puisqu’il s’agit finalement de différentes facettes de la borréliose, en phase chronique.

Certains médecins ayant établi tel ou tel diagnostic affirment pourtant que tous ces symptômes se juxtaposant n’ont aucun lien entre Lyme.

Les co-infections :

Pour toutes les raisons que nous venons de citer ci-dessus, Lyme ne se vit que rarement comme une maladie isolée. La bactérie Borrelia n’agit pas seule. Un autre facteur crucial dont nous allons parler à présent et qui fait partie intégrante de la maladie de Lyme est les « co-infections ». Elles sont en interaction avec la borréliose de Lyme du fait que lorsqu’elle pique, la tique (ou autre insecte) peut transmettre d’autres agents pathogènes. Il se peut également que la personne ait été piquée plusieurs fois par différentes tiques infectées chacune d’entre elle par un agent pathogène différent. D’après le groupe Chronimed, 40% des borrélies seraient elles-mêmes infectées par d’autres bactéries, virus ou champignons. Tous vivent en harmonie et se nourrissent les uns des autres.

Il faut distinguer les co-infections transmises en même temps que la borréliose de celles contractées par la suite, en conséquence de cette dernière lorsque le système immunitaire est affaibli. Des infections (comme celle due à l’Epstein-Barr virus (EBV)) peuvent être déjà présentes dans l’organisme et réactivées avec la maladie de Lyme.

En effet, les co-infections peuvent être issues de micro-organismes non transmis par les tiques. Par exemple, la toxoplasmose, maladie pouvant être développée en parallèle, concerne la viande crue.

Ces cofacteurs quasiment toujours présents dans un stade tardif, aggravent l’infection initiale car contribuent davantage à affaiblir le système immunitaire et à perturber les fonctions physiologiques de l’organisme.

De ce fait, la maladie de Lyme n’est plus vraiment cohérente avec le diagnostic du malade puisqu’il n’y a généralement pas une seule infection. De plus, les co-infections sont souvent résistantes aux thérapies standards (antibiotiques). En effet, certaines nécessitent un traitement antiparasitaire car celles-ci ne sont pas forcément d’origine bactérienne mais peuvent découler d’un parasite. D’autant plus que chaque antibiotique a un effet particulier pour chaque espèce de bactérie. Ceci est valable également pour la naturopathie, chaque type d’infection ou agent pathogène sera traité spécifiquement selon si les co-infections concernent une bactérie, un champignon, un parasite etc.

Il est très difficile d’identifier précisément ces micro-organismes, on se fiera principalement aux symptômes qu’ils engendrent. Dans tous les cas, il est primordial de traiter les co-infections, nous expliquerons de quelle manière elles peuvent être traitées dans la dernière partie.

Les co-infections les plus courantes sont : la Bartonellose, la Babésiose (provenant d’un protozoaire qui détruit les globules rouges), l’Ehrlichiose (bactérie attaquant les globules blancs), la Rickettsiose, la Coxiellose, la Méningo-encéphalite à tique, le Mycoplasma pneumoniae et le Chlamydiae pneumoniae.

Les symptômes de ces co-infections peuvent être très variables, il peut s’agir de poussées de fièvre (Babésiose, Rickettsiose, Coxiellose), de troubles neurologiques (Bartonellose, Encéphalite à tique). Pour ces différentes co-infections, certains organes peuvent être altérés (foie, rate, poumons…).

La personne atteinte de Lyme peut également développer d’autres agents pathogènes (virus et bactéries) qui n’ont pas de rapport avec la piqûre de tique tels que : Epstein-Barr virus, le cytomégalovirus, le virus varicelle-zona ainsi que le virus de l’Herpès. D’autres intrus fréquemment rencontrés : le Candida Albicans et l’Helicobacter pylori (agent de l’ulcère de l’estomac) peuvent se nicher dans nos organes digestifs. Les infections parasitaires et fongiques sont souvent responsables de la persistance de la borréliose. Les infections parasitaires sont fréquentes, bien que souvent ignorées de la médecine conventionnelle. Elles se logent généralement au niveau du système digestif (ténia par exemple).

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